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AUX

FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES.

Mes Très-Chers Frères,

LA GRACE ET LA PAIX DE N.–S. J.-C. SOIENT

TOUJOURS AVEC NOUS.

Le grand nombre d'observations qui furent

adressées au dernier Chapitre général, touchant

la nécessité de corriger la Conduite, fixèrent son

attention et le déterminèrent à nommer trois de

ses membres pour s'occuper de cet important

objet. Malgré notre bonne volonté, et le désir

d'être utiles à tous, les circonstances ne nous

permirent pas de nous conformer de suite à cet

Arrêté; mais les représentations continuelles

qu'on a faites à ce sujet, nous ayant peirsuadés

que le vœu de l'Institut était unanime à cet

égard, et que chacun verrait avec plaisir la

Conduite revue, corrigée et débarrasée de

toutes les répétitions et contradictions qui s'y

étaientglissées peu à peu, nous avons enfin réuni

les trois Frères désignés par le Chapitre, afin que,

de concert avec nous, ils pussent templir avec plus

de facilité la commission dont ils étaient chargés.

Nous vous l'offrons donc aujourd'hui, M.T.C.F.,

cette Conduite, objet de vos justes désirs, per-

suadés qu'elle vous sera d'un très-grand se-

cours pour remplir dignement vos saintes et

précieuses fonctions: vous y trouverez d'abrod

 

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les Règlemens de la journée, qui, fixant irrévo-

cablement le temps de chaque exercice, établi-

ront, dans la manière de tenir nos Ecoles cette

utile et agréable uniformité que l'esprit de notre

état rend absolument indispensable.

La première partie est entièrement consacrée

à l'explication des Règlemens; elle donne un

grand nombre de moyens, fondés sur l'expé-

rience, pour lever toutes les difficultés que pa-

raît présenter la multitude des exercices qui y

sont prescrits.

Dans la seconde, vous trouverez encore de

grands et nombreux secours pour établir et

maintenir l'ordre dans les Ecoles, pour assurer

et accélérer les progrès des écoliers, leur faire

remplir exactement et volontiers leurs devoirs,

et pour leur procurer une éducation aussi suivie

que le comporte le temps qu'on a à leur donner;

enfin, tout y est tellement détaillé, que malgré

la multiplicité de vos obligations envers les en-

fans, rien ne sera négligé, si vous suivez ponc-

tuellement les avis qu'on y donné.

Dans la troisième, on a seulement changé

quelques tournures de phrases, et fait quelques

transpositions, pour rapprocher des sujets qui

se trouvaient séparés, ou sous des titres qui ne

leur convenaient pas.

Le profond respect dont nous sommes péné-

trés envers notre Très-Vénérable Fondateur,

  

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nous a portés à conserver le fonds de l'ouvrage,

dans tous les points où il nous a été possible de

découvrir son esprit; et, si nous avons permis

quelques changemens, soit dans les expressions,

soit dans la construction des phrases, nous avons

la douce satisfaction de pouvoir nous persuader de

n'avoir dérogé en rien à ses premières intentions.

Notre sécurité, à cet égard, est fondée sur la

connaissance que nous avons du souhait una-

nime de l'Institut, sur l'autorité d'un Chapitre

général et sur des écrits qui datent du temps de

M. de La Salle, par lesquels nous voyons qu'il

avait été arrêté que la Conduite setait revue et

corrigée; ainsi, M. T. C. F., nous osons es-

pérer que vous voudrez bien éloigner de vous

tout esprit de critique et de censure, sous pré-

texte même de zèle, et que vous recevrez cette

Conduite comme l'expression de la volonté de

Dieu et de celle de vos Supérieurs; que vous la

regardez, d'après la Règle commune , comme

une Règle obligatoire, et que vous vous y confor-

merez, afin que toutes vos actions soient méri-

toires, étant toutes dirigées par l'obéissance; et

d'ailleurs, M. T. C. F., que serait un Religieux

qui ne s'assujettirait à un Règlement que dans

les instans qu'il se trouverait en exercice avec la

Communauté, et qui, dans son emploi, ne vou-

drait suivre que ses idées et ses inclinations? Ne

passerait-il pas la plus grande partie de sa vie hors

  

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de l'ordre, et par conséquent bien éloigné de

Dieu? Ne croyez pas, M. T. C. F., que nous

prétendions par là augmenter vos obligations,

notre intention, au contraire, est de vous sou-

lager dans les difficultés de votre emploi, en

vous donnant les moyens de le remplir plus fa-

cilement et avec plus de succès; d'ailleurs, ce qui

paraît nouveau dans cette Conduite ne l'est

qu'en apparence, et n'a été mis que comme des

moyens plus efficaces pour atteindre le but que

se proposa M. de La Salle, en établissant les

Ecoles Chrétiennes, pour la gloire de Dieu et le

salut du prochain.

Ranimons donc notre zèle, M. T. C. F.,

soyons de plus en plus fidèles à observer la

Règle, la Conduite et toutes les saintes Pratiques

que la piété a établies et que l'usage a confir-

mées parmi nous. Témoignons au Seigneur notre

vive reconnaissance pour toutes les bénédic-

tions qu'il daigne r’epandre sans cesse sur notre

Institut. Par ce moyen, et en persévérant dans

notre sainte Vocation, nous nous sauverons

nous-mêmes et plusieurs de ceux que le divin

Père de famille a confiés à nos soins.

Je suis, etc.

Mes Très-Chers Fères,

Votre très-humble et obéissant Serviteur,

Frère GUILLAUME DE JÉSUS.

Paris, le 9 avril 1828.

 

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